Et si c'était la Chine qui devait s'excuser ?

Bon. Donc si je comprends bien. La flamme olympique passe à Paris. On la protège comme jamais. Nos CRS arrachent avec zèle les drapeaux tibétains le long du parcours. Ils éclatent quelques journalistes français en passant, histoire de faire bonne figure. Le contribuable dont je suis, paye grassement le service de sécurité gigantesque accompagnant l’objet. Malgré tous nos efforts, quelques « terroristes » réussissent à s’approcher de la flamme. Nous envoyons aussitôt des émissaires pour nous excuser, notamment le 2e personnage de l’État français.
Bilan ?
Les autorités chinoises autorisent (favorisent ? organisent ?) des manifs anti-françaises et laissent passer un drapeau français affublé d’une croix nazie (je n’ose imaginer combien de 100aine d’année de taule prendrait un dissident chinois, place Tiananmen, avec un drapeau chinois frappé d’une croix nazie… si tant est que cela soit même possible).
Que les manifestants anti-français parlent de libérer la Corse, c’est drôle, que Jeanne D’Arc ait été une pute, allez savoir, mais nous qualifier de nazi… Et pourquoi déjà ?
Les excuses ont un sens lorsque celui à qui on les demande avait la capacité d’éviter ce qui les a suscitées.
Nous excuser alors que nous ne pouvions pas faire plus, sauf à nous transformer en dictature, n’a pas de sens. Par contre, demander des excuses officielles à la Chine pour avoir laissé une manif outrager notre drapeau, ça, un peu plus.

Mythique Jin Jing

La relayeuse […] est une frêle Chinoise en chaise roulante qui a immolé son corps pour protéger la Flamme pendant son passage à Paris […].
Jin Jing, jeune athlète paralympique de 27 ans, a fait l’objet d’une agression violente de « séparatistes pro-Tibet » méphistophéliques […]. Sans hésitation, la douce mais inflexible escrimeuse a offert le rempart de son corps de jeune fille pour sauvegarder la Flamme […].

Étrange prose que nous offre le site officiel du relais de la Flamme des Jeux olympiques de Beijing 2008. Un site qui se veut neutre et apolitique.
Je ne comprends pas très bien celui qui a rédigé le texte. Il n’y a personne du site officiel qui a trouvé ça un peu too much ?
La propagande n’est plus ce qu’elle était (quoique).
Je condamne comme tout le monde celui qui a tenté de retirer la flamme à Jin Jing. Je note tout de même que ce « terroriste » n’est pas français, ce qui transforme les excuses françaises en exercice de génuflexion. Ensuite, le « terroriste » désigné fait l’objet d’appels au meurtre sur le net de la part d’ultra nationalistes chinois qui eux, aimeraient vraiment l’immoler pour le coup. Et sans lyrisme.
cf come4news.com

Pour un monde meilleur oui mais pas sur Terre

Voilà c’est plié, le slogan était trop révolutionnaire pour le parti unique chinois et le courageux CIO. Imaginez plutôt : un badge « Pour un monde meilleur » arboré par nos athlètes devant une planète assise face à son téléviseur. Et pourquoi pas « bridés, consanguins et pédophiles » tant qu’on y est ! Le régime chinois a le droit au respect tout de même ! « Pour un monde meilleur » franchement… vouloir imposer ça, c’est dégradant, insultant et surtout profondément raciste (dirait le sémillant Mélenchon). « Pour un monde sympa où on ne critique pas les dictatures » à la rigueur, ça l’aurait peut-être fait. Déjà que la Charte olympique prône une très tendancieuse « société pacifique soucieuse de la dignité humaine ». On devrait se féliciter que le régime chinois n’ait pas exigé qu’on amende la Charte olympique !

Et puis il y a aussi un problème plus prosaïque, utilement rappelé par le président du Comité national olympique et sportif français Henri Sérandou : « On ne peut pas mettre un badge pour la cause d’untel, un badge pour une autre cause ».
C’est vrai quoi. Soyons réalistes quelques secondes. Marre de ces pleurnichards droit-de-l’hommistes qui placent leurs revendications comme des encarts pubs. Les sportifs ne sont pas des hommes-sandwich ! Et puis un 100 mètres avec 3 kilos de badges, ça ne le fait pas. Au CIO, l’emplacement est dûment réservé à ceux qui payent : les annonceurs et les sponsors. Eux au moins, c’est des pros et ils sont légit’. Si chacun y va de sa petite requête perso, genre : « liberté d’expression ici », « liberté de conscience là », « non à la peine de mort », ça sera la chienlit !

Sans compter qu’être contre la peine de mort et le revendiquer durant les JO de Pékin, c’est petit. Très mesquin même, parce qu’aujourd’hui le régime chinois est médaille d’or des exécutions d’état (passant devant l’Iran). Ah la jalousie des Occidentaux. On est vraiment pingre.

En attendant, allons tous nous cultiver sur la cctv.

[microvlog] La flamme olympique disparaît 30 mn à San Francisco

À l’heure où j’écris ce billet, on ne sait toujours pas ce qui est arrivé à la flamme olympique durant 30 minutes lors de la cérémonie de San Franscico. Le parcours avait pourtant plus ou moins bien commencé… pour terminer, une minute plus tard, dans un gigantesque entrepôt. Et puis… Rien. Pendant près d’une demi-heure. Même CNN qui couvrait la cérémonie a cru un moment que tout était annulé. De bien belles images que les télévisions chinoises ne relayeront pas.
[Séquence de CNN en direct, filmé en live au téléphone portable via qik.com. Je teste encore le microvloguing 😉 ]

Le mystère des "hommes en bleu" levé

Less than a year ago these mysterious “men in blueâ€? were elite students from China’s Armed Police Academy and were selected amid great fanfare to form the grandly titled Sacred Flame Protection Unit.
[trad. aprox. tmf] Il y a moins d’un an, ces mystérieux « hommes en bleu » étaient des étudiants d’élite de l’académie chinoise de la police armée et furent sélectionnés pour former l’Unité de protection de la Flamme Sacrée…

Via le Times Online du jour.
Elle est bien belle l' »harmonie », avec une escouade paramilitaire d’une trentaine de jeunes hommes fortement idéologisés et particulièrement énervés. La Chine n’a pas encore bien compris l’environnement démocratique.

MAJ : Le premier ministre australien Kevin Rudd vient de prévenir Pékin qu’il n’acceptera pas que les officiels chinois déploient leur propre sécurité pour la flamme olympique.
Et pourquoi on les a accepté, nous, les hommes en bleu ?!