#Twitter : vos tweets même effacés ne sont pas tout à fait inaccessibles.

Twitter vient d’annoncer en grande pompe que le moteur de recherche de Tweets n’affichera plus les messages effacés.
Pour faire court, lorsque vous écrivez un tweet et que vous décidez de l’effacer, il n’apparaitra plus ni chez vous, ni dans le moteur de recherche.
Sauf que.
1. si quelqu’un vous a retweeté, ces retweets resteront lisibles par tous;
2. toutes les API qui récupèrent les tweets (Seesmic, Tweetie, Tweetdeck, Twhirl) gardent la trace de tout message envoyé.

Comme cet utilisateur de Twitter qui, hier, a découvert que sa fille avait la grippe A, et a voulu le partager en ligne, avant de tout effacer. Faut dire qu’il avait exprimé son désarroi (fort légitime) sur un compte « corporate ». Le problème, c’est que je le suivais sur mon API Seesmic desktop et que ses messages sont restés dans la mémoire de mon lecteur, même après effacement. Evidemment, je l’anonymise.

Donc, gardez à l’esprit qu’il faut toujours tourner son tweet sept fois dans sa bouche avant de le publier.

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Attention à la parano anti-vaccin en ligne.

Je constate depuis quelques années déjà, notamment à travers les dérives du conspirationnisme en ligne, que de nombreuses personnes crédules se convainquent qu’on leur veut du mal en les invitant à se vacciner.
On parle outre-atlantique du mouvement « antivax ».

Comme toujours, ce réflexe repose :

  1. sur une peur diffuse et non raisonnée.
  2. sur une autoconviction renforcée par le regroupement en ligne sur des blogs ou des forums (on est plusieurs à le penser donc c’est vrai, on se sent majoritaire).
  3. sur le discrédit des paroles d’autorité sur le net (l’expert est forcément partial, sous influence ou incompétent).
  4. sur un pseudo-discours « anti-capitaliste » : les industries pharmaceutiques cherchent à se faire du fric à tout prix, sans considération des morts que cela pourrait entrainer (c’est parfois vrai, mais ça reste exceptionnel – pas de quoi en faire une règle).

Je vous invite à réécouter ma chronique sur France-Cu, où j’essaye d’expliquer comment les théories conspirationnistes arrivent à séduire certains sur le net.

Pour aller plus loin [eng] :
Wired : An Epidemic of Fear: How Panicked Parents Skipping Shots Endangers Us All
Wired : How to Win an Argument About Vaccines

Je reçois des emails de menaces de mort. Que faire ?

Voilà, j’ai décidé de vous en parler, même si j’ai pas mal hésité (et qu’on me l’a déconseillé).

Il y a un mois environ, j’ai reçu plusieurs menaces de mort par mél.

Ca n’est pas la première fois. Mais ça commence à me courir sur le haricot.

Une petite crevure anonyme, comme toujours, m’a envoyé ces doux mots :

De : neturei karta <dothazard@lycos.fr>

Objet : Important

Date : 15 septembre 2009 02:48:16 HAEC

À : Tristan Mendès France <egoblog@me.com>

Tristan Mendes france sioniste, ferme ton blog, arrête de l’ouvrir, ferme ta grande gueule à propagande. Disparais. C’est un conseil. Suis le à la lettre avant qu’il ne t’arrive des malheurs. N’oublie pas que tu n’es que le « petit fils de » mais surtout un gros fils de pute. Ferme ton blog, disparais du net de la radio…

 

De : rageee <dothazard@lycos.fr>

Objet : Important bis

Date : 11 septembre 2009 07:40:48 HAEC

À : Tristan Mendès France <egoblog@me.com>

ne crois surtout pas à une blague tu es en réel danger de mort enculé donc fais en sorte de disparaitre pâr toi meme

 

L’individu peut tout autant, au vu de mon parcours, être un mec d’extrême droite, qu’un mec d’extrême gauche ou les deux (rouge-brun), un islamiste radical, un bigot ultra, voire un conspirationniste exalté. Bref, ça fait du monde.

J’ai consulté autour de moi, et on m’a conseillé de déposer une main courante. Et c’est ce que j’ai finalement décidé de faire. Une démarche exceptionnelle pour moi. Mais aussi une façon de me couvrir au cas où.

J’ai donc imprimé les emails avec l’en-tête brut comme on me l’a conseillé, pour que la police puisse analyser son contenu.

Arrivé au commissariat et en voyant mon dossier, les fonctionnaires m’ont invité à déposer plainte, qui fut transférée à la B.E.F.T.I. (Brigade d’Enquêtes sur les Fraudes aux Technologies de l’Information).

 

Le lendemain, j’ai été appelé par un responsable de la BEFTI, qui m’a fait part de sa prise en main de mon cas. C’est lui, m’explique-t-il, qui renverra au procureur, s’il arrive à identifier celui qui est à l’origine des menaces de mort.

Quelques jours plus tard, un dernier échange avec le fonctionnaire de police me confirmait ce que je pressentais. L’enfoiré avait utilisé des anonymisateurs à la chaine pour qu’on ne puisse pas l’identifier. Dernière trace : un paradis fiscal qui ne répond pas aux injonctions du fonctionnaire.

On oublie trop souvent que les paradis fiscaux sont d’abord des paradis judiciaires.

Le fonctionnaire de la BEFTI, navré, m’expliqua son impuissance à ce stade.

Pour que l’enquête reprenne, il faudra, soit d’autres menaces de mort, soit une agression physique.

Super.

Je suis un grand défenseur de l’anonymat. Je suis contre les dérives du fichage administratif. Mais je me pose une question. 

Que peut-on faire quand on reçoit des menaces de mort sur le net ?

Ben pas grand-chose en fait, à part le rendre public sur mon blog…

Je passerais une copie des emails avec l’en-tête brut, à ceux (hackeurs expérimentés) qui me le demanderont.

 

Point positif : je sais que quelqu’un qui voudrait vraiment me tuer, ne me le dirait pas.

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