Je viens de retrouver un vieil interview datant de 2003 (durant l’épisode du SRAS), extrait de l’émission “Presque rien sur presque tout” de Patrick Ferla [Radio Suisse Romande].
Et je tombe sur ce passage qui soulève une question qui m’interpelle aujourd’hui avec l’apparition de la grippe mexicaine*…
AUDIO [45 s]
Ce que je dis dans l’entretien est très approximatif, mais sur le fond, je crois qu’il y a un vrai problème : on ne connait pas nos droits en période de pandémie.
Le gouvernement devrait communiquer dessus, avec plus de transparence.
Les stratégies publiques face aux épidémies inquiètent aussi le Comité consultatif national d’Ethique qui a rendu le 5 février dernier, un avis sur les questions éthiques soulevées par une possible pandémie grippale :
“Si le CCNE est bien conscient que ces restrictions aux libertés fondamentales pourraient s’avérer nécessaires, il attire l’attention sur le danger qu’il y aurait à les étendre au-delà de ce qui est nécessaire à la lutte contre la pandémie grippale, ou bien à cause d’une conception maximaliste (donc inadaptée), du principe de précaution, ou bien à des fins d’affichage démagogique.”
* Apparement on dit plus grippe porcine (effet du lobby industriel ?) mais grippe mexicaine…
Dossier: (video)blog, ego news, hi tek


















Lartiste
28/04/09
@ 13:38 (#)
Intéressant et en 2003, un billet sur le thème & sur le Forum des flutrackers. C’était en 2006. Tout se précipite et la question est toujours “suspendu”.
Lautreamont
28/04/09
@ 21:03 (#)
on a deja une hécatombe avec la crise economique alors ce serait pas vraiment le moment pour une pandémie mondiale…
Quoi que, à lépoque du SRAS, les médias avaient fantasmé (ou nous avaient fait fantasmer) l’éventualité d’une pandémie mondiale, genre la fin du monde (”Alerte”), et en fait il ny avait eu qu’une dizaine de mort par ci, une dizaine par là , le tout au fin fonds de l”Asie. Est ce que cette histoire de grippe porcine n’est pas encore un pétard médiatique mouillé?
narvic
29/04/09
@ 0:54 (#)
Salut Tristan,
Il est un fait que la plupart des gens ignore que la démocratie a depuis fort longtemps admis la suspension temporaire de certains des droits civiques les plus fondamentaux pour raisons sanitaires (liberté de circulation, liberté de réunion, par exemple) mais en réalité ça va bien plus en profondeur : obligation de traitement, quarantaine (=quasi prison sans jugement, ni même sans soupçon de culpabilité) et bien d’autres situations juridiquement et politiquement intéressantes (levée du secret médical, notamment).
Ces restrictions sont difficilement contestables, puisqu’il s’agit non seulement de sauver des vies, mais plus généralement encore de préserver l’existence de la société elle-même. L’enjeu se situe bien où le place le Comité national d’éthique : la proportion, un sujet prêtant éminemment à débats. Or on est précisément dans des situations d’urgence et de défense sociale contre des menaces absolues, où on pas vraiment le temps de débattre. Des réflexions de ce genre sont également légitimes à propos du terrorisme et de la guerre. On touche là du doigt une forme de limite concrète et pratique de la théorie démocratique et de son caractères (par certains aspects)… idéologique.
Line Nommable
29/04/09
@ 10:08 (#)
Il y a, dans ce débat, une autre question qui me semble intéressante, même si à première vue elle pourrait sembler émaner de paranoïaques conspirationnistes complètement allumés: Dans quelle mesure les risques de pandémie (SRAS, grippe aviaire, grippe porcine et autres) sont-ils traités, au niveau politique, avec toute l’objectivité scientifique et médicale qu’ils requièrent? Pour être plus claire (j’en parlais hier avec un biologiste hospitalier, féru d’éthique), dans quelle mesure est-il possible, pour un gouvernement, de mettre à profit la peur engendrée par un risque épidémique bien réel, pour annoncer des mesures suspensives (au niveau des droits fondamentaux de l’individu) qui lui seraient profitables pour des raisons bien moins avouables?
Le “Patriot Act” américain, adopté en période de risque terroriste majeur, a posé (et continue de poser) le même genre de questions: ce n’est pas la nécessité de renforcer drastiquement certains contrôles qui est remise en cause, mais plutôt les limites de ce renforcement, et ses objectifs annexes.
tipanda
29/04/09
@ 10:12 (#)
Petite précision : la grippe n’est ni porcine ni mexicaine mais … nouvelle. C’est moins risqué en terme de politiquement correct.
Ce qui est très dans le ton du politiquement correct, c’est la précipitation vers le fameux “principe de précaution”. Toutes les grippes sont capables de tuer, celle-là comme les autres. mais tous les responsables de la santé, de l’OMS au ministère français, en rajouteront dans les mesures pour ne pas être accusés.
Incidemment, pendant qu’on parle de la grippe, on est sensé oublier que tout l’hôpital, même les sommités pas spécialement gauchistes, sont vent-debout contre la loi Bachelot. Même la grippe a du bon quand il s’agit de sauver les meubles d’un gouvernement rejeté.
Lartiste
29/04/09
@ 10:42 (#)
Le Dr Henry Niman (qui n’est pas un Monstre !?) est fondateur des Flutrackers. Il a développé un Google Map trakking du H5N1 avec les membres du forum, dès le début, lorsqu’est arrivé l’outil Google Map. Il est aujourd’hui contacté par Washington pour la “Grippe Mexicaine” ! Je pense que l’avenir est au “”trackking en temps réel des épidémies”", un peu comme la météo _ avec mise à jour par les autorités sanitaires … comment ? avec une application iphone par exemple !
NB : Tous les commentaires seront lus mais pas forcément publiés
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