Axel Kahn : Sarkozy est anti-laïque

Le 28/11/2008 @ 12:15 par Tristan

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Hier soir, l’Institut Pierre Mendès France dont je suis le secrétaire général, organisait un débat sur la laïcité avec notamment Bayrou, Chevènement et Axel Kahn, que j’ai trouvé très en verve. Il a mouché le président Sarkozy sur un point important : son respect relatif de la laïcité.

Extrait de 4 minutes :

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Pour écouter les 1h40 d’intervention, c’est ici.

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14 commentaires → “Axel Kahn : Sarkozy est anti-laïque”

  1. J.Earthwood
    28/11/08
    @ 13:49 (#)

    Mon commentaire extrait d’un article que je n’ai jamais mis en ligne…
    …J’ai toujours pensé que le divin était quelque chose que je me devais de garder pour moi, que le spirituel était un état dans le quel je me devais de me trouver pour mieux appréhender les aspirations, les convictions de mes congénères et que, jamais au grand jamais, je ne devais en faire état parce que faisant partie de mon intimité. De plus, je ne suis pas tenté par le prosélytisme.
    Il n’en est rien. Tous ces principes viennent de tomber par le biais de déclarations officielles dans des rencontres non moins officielles, avec des gens on ne peut plus officiels.
    Alors, moi qui pensais que la laïcité était un état de fait, je commence à me poser la question non de la séparation de l’église et de l’état mais de la religion et de l’état.
    S’il est évident que, dans un pays au pluralisme culturel et religieux comme le nôtre, il est important que les différents timoniers de ces confessions se parlent, il me paraît tout aussi évident que ce n’est pas au timonier de notre république à tous de dire ce que nous devons penser de la religion et du spirituel et pas, non plus, comment nous devons agir sur ces aspects de notre vie qui ne regardent, intimement, que chacun d’entre nous.

    Si Nicolas 1er veut ouvrir les français…

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  2. Tristan
    28/11/08
    @ 15:51 (#)

    J’aime beaucoup Axel Kahn. À un détail près. Je suis un membre militant de l’ADMD (l’association pour le droit à mourir dans la dignité). Khan met cette association dos à dos avec les religieux extrémistes. Là, je ne le suis pas. Ni quand il dit que l’ADMD implique dans son message que ceux qui mourraient “naturellement”, mourraient indignement. Le droit de mourir dans la dignité, c’est une question d’appréciation personnelle. Je veux avoir le droit de mourir dignement, au regard de ce que je considère comme étant digne, pour moi. Quelqu’un peut mourir dignement dans son lit sans assistance médicale, s’il considère que mourir dignement c’est ça pour lui.

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    • Sophie
      28/11/08
      @ 16:20 (#)

      @Tristan, tu auras compris que mon commentaire était une réponse au tien. J’ai fait une fausse manip.

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    • renaud
      01/12/08
      @ 0:21 (#)

      @Tristan,
      On ne peut résumer ce débat sur la seule subjectivité d’un patient en pleine détresse! Il se trouve que presque tous ceux qui font une formation en soins palliatifs finissent par constater que l’aide à mourir est un acte d’incompétence de la part d’un médecin.
      Qu’on mette de la morphine “AU RISQUE d’accélérer le décès” afin de soulager la douleur à tout prix est une chose respectable qu’il faut encourager. Mais ce que réclame l’ADMD c’est l’administration non pas de morphine “au risque de” mais de poison “AFIN DE” ce qui est totalement différent et même choquant vu par un médecin qui a abandonné son délire de toute puissance.

      La dignité est une caractéristique intrinsèque de l’Homme, qui ne dépend pas de l’état de ses sphincters ou de sa vaillance : l’ADMD insinue par son nom que cette dignité pourrait être perdue selon les circonstances.

      Aucune demande de mourir n’a jamais tenu plus de 48 heure après l’entrée dans mon service : lorsque la détresse psychologique est prise en compte et soignée au lieu d’être encouragée, l’Homme veut profiter de ce qui lui reste de vie, que ça soit une minute ou dix ans.

      A par ça, d’accord avec AK sur la laïcité de Sarko!!

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  3. Sophie
    28/11/08
    @ 16:15 (#)

    Pour ma part je trouve que si le “droit à mourir dans la dignité” signifie le “droit d’en finir avec de l’aide”, on ne peut que faire la même déduction qu’Axel Khan.
    Il n’est aucunement précisé que le mot “dignité” ne recouvre qu’une appréciation personnelle.
    Quelqu’un qui meurt “naturellement” ne participe aucunement de ce “droit”, il ne fait simplement rien.
    Bref tout ça pour dire que le nom de l’association met mal à l’aise, même si on est d’accord avec l’idée, ce qui est mon cas.
    C’est probablement un abus de langage, un peu comme quand on dit être “pour l’avortement” (pas mon cas) alors que qu’on est “pour le droit à l’avortement” (mon cas).

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    • Tristan
      28/11/08
      @ 16:45 (#)

      @Sophie, “le “droit à mourir dans la dignité” signifie le “droit d’en finir avec de l’aide””. Pour moi c’est plutôt l’inverse. :) À la fin de ma vie, je veux un maximum d’aide (avec tout plein de morphine dedans). ;) Sur l’avortement, tu as raison. On devrait dire “droit à”. Il m’arrive de l’oublier.

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  4. Raluca
    28/11/08
    @ 16:56 (#)

    Je suis également membre de l’ADMD et je trouve insupportable d’avoir à être membre d’une association qui demande simplement au fond, qu’on nous fiche la paix! Mais qui donc cela regarde-t-il les limites que je veux ou peux me fixer? Quant à ceux qui ont la force morale de m’aider dans mon choix, qui a le droit de leur expliquer que cette compassion là est condamnable?
    Nous devrions tous repenser à ce gamin, l’été dernier, qui a du, tout seul, affronter ce moment. La sémantique et les conjectures me paraissent pour le coup, indignes.

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  5. Tipanda
    29/11/08
    @ 1:16 (#)

    On doit pouvoir demander à un médecin de tout faire pour éliminer la souffrance, même si la sédation peut précipiter la fin (par exemple, une quantité importante de morphine pour un malade qui a du mal à respirer réduit encore le souffle et rapproche la fin). Il est important et nécessaire, avant toute autre préoccupation, d’éviter la douleur.
    Mais le droit du malade ne doit pas aller jusqu’à charger la conscience du médecin ni de qui que ce soit, d’ailleurs, de sa mort. Le médecin est un humain, pas un être surnaturel, on ne doit pas le charger du poids de tous les désespoirs des autres.

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  6. clotilde
    29/11/08
    @ 8:02 (#)

    euh bon, la discussion a un peu dévié là non? Moi il y a d’autres détails sur lesquels je n’aime pas trop A. Kahn, notamment certaines de ses positions récentes sur la façon de gérer une université, bon.
    Mais l’essentiel reste et il fait partie des personnalités incontournables sur bien des points.
    Ici, son discours montre bien que l’inculture, en plus de la démagogie, est au centre du refus de la laïcité. Non ce ne sont pas les religions qui ont inventé les grandes valeurs morales comme la justice.
    Est-ce que N. Sarkozy ne sait pas tout cela, ou est-ce qu’il fait semblant de ne pas le savoir pour mieux manipuler les gens et arriver à ses fins, on peut se poser la question. C’est la même question que l’on pouvait se poser lorsqu’il a prétendu que la pédophilie avait une origine génétique, question à propos de laquelle il fut également bien mouché par A. Kahn (voir par exemple ici: http://lepoissonzebre.wordpres.....recherche/ ).
    Ceci étant dit, et pour revenir aux diverses prises de position de Kahn, je vous rappelle quand même que les gens évoluent dans leurs idées, parfois. Sa position sur les cellules souches et leur utilisation a par exemple évolué dans le temps. Il est moins catégorique (dans ses discours en tous cas).
    Rien n’interdit de changer d’avis, c’est ça qui est bien non? :)

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  7. Lartiste
    29/11/08
    @ 9:59 (#)

    Axel Khan, il est sympa. La génétique n’est pas un sujet “facile”. Dans le même genre (même génération) je lui préfère André Brahic (Pub).

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  8. Tipanda
    29/11/08
    @ 10:01 (#)

    J’ai oublié de préciser : le dernier bouquin d’Axel Kahn est très bien ; entre les frères Kahn, c’est celui-ci que je préfère !

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  9. Lotreamont
    29/11/08
    @ 11:26 (#)

    antisosial, antilaique, ca commence a faire beaucoup pour un seul homme… Sarkozy symboliserait-il l’antifrance ? ou est-il le tenant de la France éternelle? Début de réponse à la fin de son mandat, avant le jugement, infaillible, de l’Histoire…

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  10. Laurent Weppe
    29/11/08
    @ 19:35 (#)

    Non Clotilde: le discours de Sarko sur la laïcité ne relève pas de l’inculture, mais d’une conception maurrassienne de la religion, à savoir “Dieu n’existe pas, mais ces sornettes sont quand même bien pratiques pour garder le bétail humain qui compose la société”. Et derrière cette vision finalement très méprisante du fait religieux, tu as la vieille et détestable idée que le peuple est dans sa grande majorité intellectuellement inapte à comprendre les raisons d’êtres des lois et des règles de la vie en société, et qu’il est par conséquent nécessaire de le maintenir sous contrôle via des mécanismes coercitifs et des mythes (historiques, religieux, etc…) afin qu’il ne détruise pas la civilisation que quelques “grands sages” auraient pris la peine de bâtir. On est là dans le phénomène très classique du politicien élu qui aspire à jouer les aristocrates et qui, se considérant incomparablement supérieur au commun des mortels, peut se permettre de leur raconter des contes de fées pour qu’il se tiennent tranquille pendant que lui dirige avec “sagesse et intelligence”.
    L’inculture se manifeste davantage quand il se lance dans ses énormités sur le déterminisme génétique: mais là encore, le déterminisme génétique, même s’il ne fait pas partie du discours électoral de la famille politique de Sarko, correspond bien à une vision aristocratique de la société, où un groupe supérieur (de manière héréditaire par dessus le marché) au reste de la population serait destiné à la diriger, vision éminemment séduisante pour quiconque se prend pour un übermensch de la politique.

    Quant à la question de savoir qui c’est qui qui est venue en premier, entre la morale et la religion, c’est entrer dans la question de la poule et de l’œuf: l’homo sapiens sapiens a dans les 150.000 ans, et savoir si les hommes ont commencé par vénérer le soleil ou par s’interroger sur la morale séculière est impossible à moins d’avoir une machine à voyager dans le temps cachée dans le garage. Par contre, ce qui est détestable, c’est de réduire les religions à des marqueurs identitaires: quand on a commencé à entendre parler de “l’Europe Chrétienne”, c’était en pleine controverse sur l’entrée de la Turquie, et on a commencé à voir et entendre des “intellectuels” (autoproclamés) déclarer que la culture Européenne avait été exclusivement produite par les institutions chrétiennes et que la démocratie était apparue en Europe parce que celle-ci était chrétienne: ce qui était, premièrement, mensonger (on fait grand cas de la Magna Carta et on ignore jusqu’à l’existence de la chartre de Kouroukan Fouga, qui pourtant date de la même époque et était considérablement plus avancée), et deuxièmement, cela reprenait le vieux postulat de l’homme blanc qui serait le seul à pouvoir concevoir une civilisation avancée, le terme de “culture judéo-chrétienne” étant alors employé comme terme de remplacement pour “race blanche”.

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