Je lis ça et là , notamment en cette journée d’action blogosphérique de soutien à la Birmanie, des critiques déplacées contre ceux qui se mobilisent à leur niveau (même modestement) contre l’injustice qui frappe le pays.
Je suis navré, mais pas surpris, de voir que certains blogueurs influents (notamment embruns) relayent ce genre de critique stérile et très française, et qui consiste à chier systématiquement sur ceux qui cherchent à agir ou simplement à afficher leur solidarité.
Ainsi donc certaines actions de la blogosphère (comme sur Facebook), ne serviraient à rien ?
Alors qu’on m’explique une chose : pourquoi la junte a pris un soin tout particulier à couper tout accès au net ?
Plutôt que de donner la parole à ces bougons franchouillards, je préfère l’analyse d’un vrai militant des droits de l’homme qui sait de quoi il parle, lui :
“Finally they realized that this was their biggest enemy, and they took it down,�? said Aung Zaw, editor of an exile magazine called Irrawaddy, whose Web site has been a leading source of news over the past weeks.
“Finalement, ils [la junte] ont réalisé que c’était [le net] leur principal ennemi” dit Aung Zaw, éditeur en exil du magazine Irrawaddy, dont le site a été la source principale des news ces dernières semaines”. – in le New York Times via smartmobs
Alors que ce soit aujourd’hui, demain, sous la forme qui vous convient, agissez et n’écoutez pas ces gueulards. Il n’existe pas de “petits” engagements. Il n’y a pas d’hiérarchie dans le soutien. Tout est bon à prendre.Si des personnes voulaient tricoter le plus gros pull-over au monde pour attirer l’attention du public sur la Birmanie, eh bien je leur dirais bravo ! Et tant pis pour les aigris.
Le principe d’une action collective repose justement sur le fait que tout le monde agisse comme il peut, d’où il est, avec ses propres moyens, même modestes. C’est la somme de ces engagements qui fait frémir la junte birmane (et certainement pas les critiques stériles de certains donneurs de leçons).
Si je ne suis pas certain de l’effet de la campagne qui est lancée aujourd’hui sur les blogs, je ne la critique pas, au pire, je ne la relaye pas.


















Christophe Ginisty
04/10/07
@ 15:37 (#)
Apprenez à lire, c’est le meilleur conseil que je puisse vous donner. Dans ma note, je ne critique ni l’engagement ni l’action mais son côté éphémère et sans suite.
Pour le reste, méfiez vous des contre sens. Si l’Internet a été coupé, c’est pour que les informations, les photos, les vidéos, les témoignages ne sortent pas de Birmanie pour alimenter les médias du monde entier. Au risque de vous décevoir, Internet n’a pas été coupé pour interdire aux birmans de lire notre prose occidentale.
Tristan
04/10/07
@ 16:02 (#)
Christophe> J’ai bien lu. Vous dites que cette initiative est “stérile” vous ajoutez :
J’y lis une critique.
Vous dites :
Euh… si. Evidemment que si. Comme en Chine, on essaye d’empêcher les Birmans de savoir ce qui se passe à l’extérieur (notamment de constater le soutien dont ils bénéficient autour de la planète), et pas seulement de les empêcher d’envoyer des infos à l’extérieur.
VinZ
04/10/07
@ 16:18 (#)
Moi je considère que la blogosphère a une influence quasi-nulle, et que la rébellion birmane n’a pas besoin des bons sentiments des blogueurs pour faire entendre sa voix dans les medias.
J’avais trouvé ça beaucoup plus utile pour Kareem Amer, par exemple
Tristan
04/10/07
@ 16:53 (#)
VinZ> Ben on est pas d’accord. ;)
Lis-ça : http://news.bbc.co.uk/2/hi/asi.....012984.stm
“Burma’s bloggers are using the internet to beat censorship, and tell the world what is happening under the military junta’s veil of secrecy.”
Le rôle de la blogosphère et des blogueurs est notable dans cette crise, qu’ils soient en Birmanie ou en dehors.
Et on ne peut pas différencier les blogosphères, elles sont toutes liées.
Alors oui, mettre une bannière n’aura pas forcément d’effet, mais ça participe du bruit nécessaire.
Dclg
04/10/07
@ 22:40 (#)
Quand on voir l’importance que nos dirigeants accordent aux sondages, qu’ils commandent par dizaines, il est évident que ce genre d’action peut avoir une influence. Et si elle ne touche pas directement la junte Birmane, elle peut modifier le comportement d’un Kouchner, d’un Sarko, etc. Le relais des journalistes peut aussi être important.
Quand on voit les résultats d’Amnesty Internationale uniquement avec des pétitions (même si ce n’est pas forcément un succès total), il est évident que ce type de mobilisation à un effet, mais celui ci dépend essentiellement du nombre de participants. Et c’est là que la blogosphère peut avoir un impact.
Et, si par hasard ça n’avait vraiment pas d’effet, et bien ça n’aura fait de mal à personne, et ça n’aurait pas couté grand chose non plus.
Et le pb des blogueurs qui rejettent ce type d’actions, c’est qu’ils ne proposent rien … Peut être sont ils en route pour la birmanie, un fusil sur l’épaule. Mais ce n’est pas forcément la meilleure solution, et tout le monde n’a pas cette disponibilité…
e-ko
05/10/07
@ 12:35 (#)
même le peu d’effet – on en sait rien – de ce mouvement dans la blogosphère est bon à prendre. ce courrant de solidarité a surement des résultats et il n’est pas possible de les mesurer… c’est d’abord une prise de conscience et la divulgation de ce qui se passe à l’intérieur de la Birmanie et à l’extérieur en termes d’adhésion à leur révolte.
le fait de participer de forme plus active, que la simple observation de ce que racontent les médias, faisant circuler une information et un modeste engagement personnel est déjà positif. je me trouve loin de vous, et ma langue maternelle n’est pas le français, mais je viens discuter avec vous de comment je vois cette question. en envoyant à un parent très proche qui travaille dans le siège de l’ONU à NY une demande d’engagement pour le mouvent et mon post sur le sujet, sans en avoir l’ambition, j’ai fini par faire circuler l’information, de ce que faisait la blogosphère, à l’intérieur de l’organisaton…
coni
05/10/07
@ 13:16 (#)
Totalement d’accord avec e-ko dans le doute il faut se faire entendre, j’ai parcouru la frontière birmane en thailande en avril 2006 et j’ai pu constater la misère qu’il y a de l’autre coté, les gens qui fuient au péril de leur vie, les cages pour ceux qui se font attrapper en thailande, en voyant cela on se dit que même l’action la plus insignifiante est utile.En revanche que les birmans s’informent sur internet j’en doute car très peu ont accès aux moyens de communication en temps ordinaire et la diffusion des informations est par nature très limitée. La crainte majeure est surtout la diffusion d’images montrant la repression car connaissant un peu l’état d’esprit local, ça doit pas être tendre.
Clotilde
05/10/07
@ 15:27 (#)
interview totalement hallucinante de Christophe de Margerie (TOTAL) dans le monde d’aujourd’ui:
http://www.lemonde.fr/web/arti.....750,0.html
Où l’on apprend de la bouche du monsieur que Total était complètement “visionnaire” de rester en Lybie, puisque Kadhafi est devenue fréquentable (remarquez, c’est vrai au moins pour nos dirigeants!). Même raisonnement appliqué à l’Iran actuel. Edifiant, complètement cynique et en même temps très honnête.
Juliette
10/10/07
@ 20:09 (#)
Une colonne de Thomas Friedman dans le NY Times d’aujourd’hui parle un peu d’activisme sur Internet – et ne semble pas trouver que ce soit une solution…
http://www.nytimes.com/2007/10.....038;emc=th à voir vers la fin.
NB : Tous les commentaires seront lus mais pas forcément publiés