C’est Jacques Buob dans Le Monde du 26 août 07 (et que je salue si part incroyable il devait passer par ici – on s’était côtoyé il y a presque 10 ans) qui revient sur cette question vertigineuse : tromper sa moitié dans Second Life, est-il un motif juridique de rupture ?
On recense de plus en plus de couples brisés pour cause d’infidélité virtuelle. Peut-on pour autant classer ce genre de situation dans la catégorie des adultères au sens légal du terme ? Pas encore, répondent les juristes, même si les avatars peuvent se livrer à des simulations d’actes sexuels. En revanche, ajoutent-ils, la cyberbigamie peut être aisément retenue comme une cause de divorce.
Les juristes n’en ont certainement pas fini de se creuser la tête avec ces questions d’un autre monde. Il y a plusieurs mois déjà , avec d’autres, je m’interrogeais sur certains cas pratiques pour le moins problématiques (de quoi inspirer de nombreux autres papiers dans Le Monde ?) :


















Julien
26/08/07
@ 14:17 (#)
C’est peut-être plus une question de partenaire que d’acte. Si réaliste qu’il puisse être, un jeu reste avant tout un jeu, c’est à dire un substitut plus ou moins efficace, plus ou moins virtuel, de la réalité.
Dans un jeu, à partir du moment où rien n’est apologétique ni ouvertement public, et que les deux personnes sont majeures et consentantes, pour quelle raison le droit viendrait-il s’y immiscer ? Quant à la question du viol, je ne crois pas non plus qu’il soit raisonnable de le pénaliser : à Wow ou à Counter-Strike, quand vous vous faites éclater la tronche, ou que vous exécutez vous-même froidement un ennemi, vous ne risquez ni compensation morale, ni emprisonnement de longue durée.
Par contre, que l’adultère puisse être reconnue comme une cause de divorce, il me semble que c’est implicitement déjà le cas. Du moins de façon détournée. Ce n’est pas la bigamie ou l’adultère virtuels qui seront pointés du doigt aujourd’hui, mais un temps excessif passé aux jeux vidéos, au détriment de la vie de couple. Mais il n’y a aucune différence alors entre Zelda, SL… ou même des soirées endiablées au poker (au vrai poker, avec des amis, des casquettes en plastique translucides vert, et des nuages de fumée qui rôdent immobiles).
Si cela était, ça deviendrait grave, quand même. Reconnaître juridiquement un double virtuel, c’est la porte ouverte à de nombreuses dérives. Les artistes seraient les premiers en danger.
Tristan
26/08/07
@ 17:37 (#)
Julien> En parlant de WoW, ça me rappelle cette chose que j’avais tentée de lancer : Make love not War in Wow ;)
Julien
26/08/07
@ 17:58 (#)
En ce qui concerne WoW, je pratique l’abstinence :D
Tristan
26/08/07
@ 18:42 (#)
Julien> Tu fais bien, ça a failli me couter quelques relations. ;)
GroM
27/08/07
@ 10:07 (#)
Ce qui est cause de divorce, ce sont les violations graves et répétées qui rendent intolérables le maintien du lien conjugal. Il faut donc:
- des violations graves: la gravité est appréciée in concreto, en fonction de l’histoire du couple, de la manière dont l’infidélité est vécue. Ainsi, on a pu juger dans le passé que le fait d’entretenir des relations régulières amicales (non sexuelles) avec une autre femme était insultant pour l’épouse et donc cause de divorce.
- des violations répétées: les juges sont désormains plus indulgents à l’égard des accidents de la vie conjugale que dans le passé. Il faut tromper sa femme régulièrement pour que cela soit une faute civile. Si, si …
- il faut que tout cela rende intolérable la poursuite de la vie conjugale. Dans le cas de Second Life, on imagine bien ce que pourrait être la vie de l’épouse trompée virtuellement dont le mari passe sa vie en ligne: chiante, voire intolérablement chiante.
Tout cela pour dire que je ne suis pas si affirmatif pour dire qu’une relation adultère sur Second life n’a aucun risque de vous mener au divorce. En revanche, ce n’est pas l’existence d’un double qui serait reconnue juridiquement de ce fait, mais bien les actes d’une personne physique qui seraient civilement fautifs.
NB : Tous les commentaires seront lus mais pas forcément publiés
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