Les dessins de la colère 3.0 : Prélude judiciaire et net-war

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Après la colère (qui n’est pas encore consommée), l’offensive judiciaire. Et d’abord, la plainte qui a pesé, un temps, sur la sortie de Charlie Hebdo demain. Ayant saisi en référé le TGI de Paris pour suspendre la sortie du journal, le Conseil français du culte musulman s’est vu refuser l’action en justice (Pour ma part j’en achetai bien deux par révérence à Philippe Val).

Il y a également la plainte du MRAP de samedi dernier, qui semble diviser la direction du mouvement et que je trouve, pour ma part, contre-productive.

Ailleurs dans le monde, Associated Press rapporte des annonces de plaintes en Australie contre des journaux ayant reproduit les fameux dessins.

Bref, on assiste au frémissement de la première vague judiciaire. Un phénomène qui devrait rapidement se répandre et rallonger d’autant la polémique… Ce qui ne va pas aider.
Net-war ?

Une onde de choc que le net va amplifier. Quand ce n’est pas le réseau lui-même qui fait l’objet d’attaques virtuelles. Un affrontement qui risque de ne pas être très joli. silicon.fr nous en donne un avant-goût, bientôt la guerre du net ?

Non content de faire la Une de la presse généraliste, la polémique gronde, enfle, et une lutte par hackers interposés semble se mettre en place. Au Danemark, les attaques visent tout simplement à bloquer des sites ciblés … Du coté de France Soir … Tout commence lundi matin avec une alerte à la bombe dans les locaux de la rédaction et le site Internet francesoir.fr inaccessible. D’après les informations communiquées par le site d’information zataz.com, un déni distribué de service, un DDoS, est en train de toucher le site Internet du journal français France Soir (francesoir.fr).
Il y a fort à parier que cette action est signée par des hacktivistes musulmans, notamment des hackers marocains qui souhaitant ainsi protester contre la diffusion des images du prophète Mahomet. Parmi eux, DarkBlood, un pirate marocain, a signé une vingtaine de modifications en une journée.
Parmi les messages récurrents de ces cyber activistes, l’on trouve le boycott des produits danois. Le Hamas … a ainsi invité les pays musulmans à prendre “des mesures dissuasives contre le comportement danois stupide”. “Nous exhortons les nations musulmanes à boycotter tous les produits danois, parce que le peuple danois a soutenu le racisme haineux sous prétexte de liberté d’expression”, dit le communiqué.
Un site internet souvent utilisé par des groupes d’activistes irakiens appelle lui aussi au boycottage. Le site d’al Hisbah renvoie à un autre site, www.no4denmark.com, montrant des photos des produits qu’il ne faut pas acheter, parmi lesquels les jouets Lego, des produits alimentaires, des produits de beauté et les pompes Grundfos.

MAJ 9 février 06. Cette dépêche de Reuters, titrée “Caricatures: près de 600 sites internet danois piratés”, et qui vient confirmer le début de l’e-guerre ?

Des internautes ont piraté environ 600 sites danois pour diffuser des menaces et protester contre la publication de caricatures de [tag]Mahomet[/tag] dans la presse, annonce un groupe de surveillance d’internet.
En comptant les pages web hors Danemark, où les caricatures ont été publiées en premier lieu, près de mille sites ont été l’objet d’attaques, précise le site internet Zone-H (www.zone-h.org), qui fournit une liste des sites concernés.
“Danish, you’r D3ad,” (“Danois, vous êtes morts”) peut-on lire dans un anglais déformé sur une page ajoutée au site internet géré par le photographe Thomas Jorgensen. Une photo montre une poupée aux couleurs du Danemark et pendue par le cou. … Lire la suite.

Et cette info de slashdot qui vient de tomber (9 fév. 06). Les estimations enflent, l’infowar se confirme :

“The BBC is reporting that almost 900 Danish websites have been defaced by crackers angry about the recent controversy over cartoons depicting the Prophet Muhammad. From the article: ‘What is extraordinary for this Danish case is the speed in which the community united’. Another 1600 or so Western websites have been defaced by the same group. The defacements have ranged from condemnation of the cartoons to outright calls for violence.”

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