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	<title>Comments on: LibÃ©rez l&#8217;Argentine du Vatican !</title>
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	<description>Le blog hyper subjectif et hyper media de Tristan MendÃ¨s France (since 2005)</description>
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		<title>By: Chiquita</title>
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		<dc:creator>Chiquita</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Feb 2008 01:54:16 +0000</pubDate>
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		<content:encoded><![CDATA[<p>Sur le sujet, aussi :</p>
<p>L’avortement déchire le monde latino<br />
ARGENTINE • Le procès d’une jeune femme violée et infanticide rouvre le débat sur la<br />
dépénalisation de l’avortement. En Argentine d’abord, mais aussi en Amérique latine.<br />
DE BUENOS AIRES<br />
MATHILDE GUILLAUME<br />
Debout, les cheveux collés par la sueur et<br />
les yeux noirs écarquillés par l’anxiété,<br />
Romina Tejerina a écouté le verdict de<br />
son procès en appel: 14 ans de prison.<br />
«C’est un drame absolu, qui concentre<br />
l’oppression et le manque de protection<br />
dont souffrent beaucoup de femmes victimes<br />
de viol en Argentine», clame Martha<br />
Rosenberg, psychanalyste et membre<br />
du forum pour le droit des femmes.<br />
Le procès de cette jeune femme violée<br />
par un proche, puis enceinte à la suite de<br />
son agression a ému tout le pays. Il y a<br />
deux ans, après avoir caché pendant sept<br />
mois son ventre grossissant, elle avait accouché<br />
seule dans sa salle de bains, et à la<br />
suite d’un accès de folie qui lui avait fait<br />
revivre son viol, avait assassiné son nouveau-<br />
né. D’abord condamnée à une peine<br />
à perpétuité, elle a écopé récemment<br />
en appel de 14 ans de prison.<br />
L’avortement est interdit dans toute<br />
l’Amérique latine et même souvent, comme<br />
en Argentine, puni de peines de prison<br />
ferme. Dans ce pays pourtant, près<br />
d’un demi-million d’avortements clandestins<br />
sont réalisés chaque année, selon<br />
le ministre de la Santé argentin.<br />
Les femmes les plus fortunées peuvent<br />
pratiquer une interruption volontaire de<br />
grossesse propre et bien encadrée dans<br />
une des cliniques privées de Buenos Aires<br />
qui la pratiquent pour l’équivalent de 500<br />
dollars (le salaire moyen est de 200 dollars).<br />
Mais pour les autres, les conditions d’hygiène<br />
laissent souvent beaucoup à désirer,<br />
et la criminalisation des femmes avortées<br />
entraîne la plupart du temps des cicatrices<br />
psychologiques.<br />
Chaque année, ce sont plus de 700<br />
femmes qui périssent des suites d’un<br />
avortement et 15 000 qui souffrent de séquelles<br />
médicales, selon l’Institut social et<br />
politique de la femme à Buenos Aires. Devant<br />
ces chiffres effrayants, de plus en<br />
plus d’associations, ONG et particuliers<br />
réclament la dépénalisation et l’encadrement<br />
de l’avortement en Argentine. Le<br />
procès de Romina Tejerina a été le déclencheur<br />
d’un débat national sur le sujet.<br />
«Ce jugement est le produit d’une législation<br />
répressive qui nous vient de l’Inquisition,<br />
et qui ignore le droit des<br />
femmes», a déclaré Luis Dobsnievsky, le<br />
directeur de l’Institut du droit pénal du<br />
Collège public d’avocats. «Il est grand<br />
temps de s’y mettre et de légaliser<br />
l’avortement.»<br />
Il y a deux mois, le ministre de la Santé argentin,<br />
Ginés González García, s’était lui<br />
aussi exprimé sur le sujet, affirmant que la<br />
dépénalisation permettrait d’améliorer la<br />
prise en charge des femmes et réduirait les<br />
cas de décès des mères. Ces déclarations<br />
venant d’un si haut fonctionnaire ont déclenché<br />
la rage de l’Eglise catholique, et<br />
l’évêque militaire de la ville de Buenos<br />
Aires, Mgr Baseotto a même été renvoyé<br />
suite à une menaçante lettre d’insultes envoyée<br />
au ministre. L’Eglise catholique a en<br />
effet beaucoup de poids en Argentine comme<br />
dans le reste de l’Amérique latine et ne<br />
voit pas d’un très bon oeil la tournure que<br />
prend le débat. L’archevêque de Cordoba a<br />
déclaré la semaine dernière lors d’une<br />
conférence de presse que «l’avortement<br />
provoqué intentionnellement constitue un<br />
mal moral particulièrement grave, car il attente<br />
au droit à la vie de toute personne humaine<br />
innocente». En fin de semaine dernière,<br />
une manifestation était ainsi<br />
organisée par les associations chrétiennes<br />
de Buenos Aires dont le mot d’ordre était<br />
«un rosaire pour la vie». Des milliers de fidèles<br />
ont marché et prié contre<br />
l’avortement.<br />
Devant tant d’oppositions, la députée de<br />
la province de Buenos Aires Noémie Olivetto<br />
enrage: «Nous ne pouvons pas attendre<br />
puisque ce sont deux femmes qui<br />
meurent tous les jours suite à des avortements<br />
clandestins.» Elle a décidé d’accélérer<br />
les choses, en invitant en Argentine<br />
l’association hollandaise Women on<br />
waves et son bateau de l’avortement: «Le<br />
bateau prend à son bord des femmes désireuses<br />
d’avorter et les emmène en eaux<br />
internationales pour ce faire.» Il devrait<br />
mouiller dans le port de Buenos Aires en<br />
fin d’année.<br />
Il y a un an, Romina Tejerina avait écrit<br />
en prison: «(…) Il n’y a pas de justice sur la<br />
terre, juste un châtiment pour nous autres,<br />
les femmes violentées. Nous aurions besoin<br />
de compréhension et pas de condamnation<br />
de la part de cette maudite société<br />
machiste.» I<br />
Les avortements clandestins suite à des viols touchent toute une population marginalisée en Argentine et dans d’autres pays<br />
d’Amérique latine. KEYSTONE</p>
]]></content:encoded>
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